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Rapprocher un rappel RappelConso de vos bons de livraison, etape par etape
Le rappel est publie a 9 h 12, il vise une marque que vous travaillez, et vous ne savez pas encore si le lot concerne est passe par votre vitrine. Voici la methode de rapprochement, du flux RappelConso au bon de livraison, puis les gestes a poser dans l ordre.
Dès publication d’une fiche RappelConso visant une marque que vous travaillez, qualifiez le risque pour votre vitrine. L’objectif : vérifier si le numéro de lot rappelé a transité chez vous, où il se trouve et à qui il a été vendu. Partez de l’information publique et remontez au bon de livraison, sans vous perdre dans les appellations commerciales.
Voici un mode opératoire court pour crémeries fromageries, charcuteries traiteurs, épiceries fines et ateliers de découpe. Il suit la logique d’un contrôle, du rapprochement sur pièce à la procédure réglementaire, avec traçabilité un pas en avant un pas en arrière, preuves dans un registre scellé et horodaté.
Lire une fiche de rappel comme un bon de livraison
Les six champs qui servent au rapprochement
Une fiche de rappel RappelConso publiée par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes comporte de nombreuses informations. En boutique de bouche, six champs suffisent pour un rapprochement solide avec vos bons de livraison et relevés de réception :
- Dénomination du produit : intitulé précis tel qu’il apparaît à la vente ou chez l’affineur.
- Marque : producteur, affineur, salaisonnier, parfois sous marque de grossiste.
- Conditionnement : forme et poids, par exemple meule 35 kg, barquette 180 g, quart de jambon.
- Numéro de lot : identifiant unique, parfois plusieurs numéros.
- DLC ou DDM : dates de durabilité figurant sur l’emballage d’origine.
- Zone de distribution et motif : départements concernés, cause du retrait rappel, par exemple Listeria monocytogenes ou STEC E. coli.
Ces six éléments doivent être retrouvés, à l’identique ou par recoupement, dans vos documents. La marque peut varier quand un affineur livre sous sa propre marque, le conditionnement évoluer entre meule et portions, mais le couple lot/DLC reste l’ancrage fiable s’il a été relevé à la réception.
Ce que veut dire une plage de lots plutôt qu’un lot unique
La plupart des fiches visent plusieurs lots, voire une plage (ex. : L2301 à L2312) ou toutes les DLC entre deux dates. On ne « coche » pas un produit sur son seul nom. Le rapprochement se fait en trois temps : marque plus dénomination, conditionnement compatible, et concordance exacte du numéro de lot ou inclusion dans la plage. Si la fiche mentionne « toutes les barquettes 180 g marquées du lot L231X », vérifiez que vos réceptions incluent ce conditionnement et que le lot lu sur l’étiquette d’origine correspond au motif du rappel. En cas d’emballage perdu lors d’une coupe, documentez le lien pièce mère/portions. Un rappel listeria sur un fromage au lait cru vendu à la coupe se vérifie d’abord sur la meule entrée en stock, pas sur l’étiquette de reconditionnement posée en boutique. Pour un exemple heure par heure, voir rappel listeria sur un lot de lait cru.
Retrouver la réception en trois passages
Le passage par fournisseur
Commencez par isoler les bons de livraison du fournisseur, de l’affineur ou du grossiste cité. Si la fiche vise une marque livrée par plusieurs intervenants, conservez-les tous. Reconstituez la voie d’entrée probable, même si une pièce entière arrive sous une marque et des portions sous une autre. Le numéro de lot suit le produit, pas le canal.
Le passage par période de réception
Limitez ensuite la recherche à la période utile. Partez des DLC indiquées sur la fiche. Pour un produit frais, ciblez les réceptions couvrant la durée de vie du lot rappelé. Exemple : DLC au 23 avril ; regardez BL et relevés de réception de fin mars à début avril, selon vos rotations. Ce tri réduit vite le volume de documents et vous fait gagner des heures. Pensez aux livraisons multiples d’une même référence, fréquentes en période de fêtes.
Le passage par lot
Confrontez enfin les numéros de lot relevés à la réception avec ceux de la fiche. Si vous avez consigné lot et DLC dès l’entrée en stock, le rapprochement est certain. Sans relevé du lot à la réception, restez en alerte probable et traitez le doute comme une correspondance : retirez préventivement les produits compatibles. Notez explicitement l’absence de lot sur le BL s’il manque, avec la référence et la date ; cette lacune pèsera au contrôle. Pour éviter ces angles morts, un registre scellé et horodaté et la lecture systématique du lot à l’arrivée sont déterminants. À relire : erreurs de traçabilité à éviter au contrôle.
Séparer ce qui est encore en vitrine de ce qui est déjà vendu
Le stock physique à isoler
Dès que la correspondance est probable ou certaine, retirez le produit de la vente. Constituez un stock isolé : produits complets encore étiquetés, portions reconditionnées, chutes identifiables. Apposez « Retrait rappel, en attente d’instruction, ne pas vendre », et respectez la chaîne du froid pour préserver la pièce en cas de contre-expertise ou de retour fournisseur. Ne mélangez pas les lots : si la fiche vise une plage, séparez chaque lot distinct. Conservez l’emballage d’origine porteur du numéro de lot et de la DLC quand il existe.
Les ventes de la période à reconstituer
En parallèle, reconstituez les ventes de la période couverte par la fiche. Trois sources : commandes nominatives retrait boutique, ventes au compte client, livraisons professionnelles. Pour les ventes comptoir sans compte, utilisez plages horaires et tickets si votre caisse rattache une référence au lot. La coupe et le reconditionnement imposent de garder le lien entre la meule ou la pièce entière et les portions vendues : une fiche de fabrication interne ou une étiquette de reconditionnement mentionnant le lot d’origine suffit. Établissez une liste de clients potentiellement exposés, avec coordonnées et quantités. Conservez-la même si le fournisseur annonce une levée d’alerte ; elle prouve l’application de la traçabilité un pas en avant un pas en arrière exigée par l’article 18 du règlement (CE) n° 178/2002.
Passer du constat à la procédure
L’affichette en magasin
Si le rapprochement est établi, informez les consommateurs par une affichette de rappel au format attendu, visible près du lieu de vente et maintenue pendant la durée réglementaire généralement indiquée dans la fiche RappelConso. L’affichette reprend au minimum l’identification du produit, les lots et DLC concernés, le risque, la conduite à tenir, et le point de contact du responsable. Conservez une version PDF et une photo de l’affichette posée en boutique, avec date et heure.
L’information de la DDPP
Informez sans délai la direction départementale de la protection des populations compétente, conformément à l’article 19 du règlement (CE) n° 178/2002. Le canal varie selon les départements : courriel dédié, téléphone avec confirmation écrite, ou téléservice. Mentionnez l’identification du lot, les quantités reçues et vendues, les actions engagées, la destination temporaire du stock isolé, et joignez l’affichette. Datez et archivez l’envoi et l’accusé de réception, au format électronique ou papier. Pour un rappel complet de vos obligations, voir ce que l’article 19 impose.
Le rappel des clients identifiés
Contactez immédiatement les clients identifiés : téléphone en priorité, courriel ensuite, et message écrit au dossier pour les professionnels livrés. Tenez un relevé d’appels indiquant l’heure, l’issue et la conduite retenue. Précisez la référence exacte, le numéro de lot et la DLC. Orientez vers restitution, remboursement ou destruction selon l’instruction reçue du fournisseur ou de la DDPP. Documentez les cas sans réponse et renouvelez au moins une fois la tentative lorsque le produit en cause est à risque microbiologique, par exemple listeria ou E. coli.
Écrire la chronologie pendant que vous agissez
Les cinq horodatages qui comptent
Rédiger la chronologie au fil de l’eau évite les trous et consolide votre plan de maîtrise sanitaire. Cinq horodatages structurent votre dossier : prise de connaissance de la fiche, retrait effectif de la vitrine, pose de l’affichette, notification DDPP, appels clients. Ajoutez, quand c’est pertinent, l’heure d’isolement du stock, l’instruction reçue sur la destination des produits, et l’issue finale : retour fournisseur, destruction, ou levée d’alerte. Ces repères, associés à des preuves simples, constituent un registre qui tient au contrôle et se conserve trois ans au minimum, en cohérence avec les pratiques de la profession.
| Horodatage | Preuve associée | Commentaire utile |
|---|---|---|
| Heure de prise de connaissance | Capture de la fiche RappelConso, SMS ou courriel reçu | Point de départ du dossier, utile pour mesurer vos délais d’action |
| Heure de retrait de la vitrine | Photo du rayon avant et après, liste des pièces isolées | Montre l’arrêt de vente, sauvegarde la chaîne du froid |
| Heure de pose de l’affichette | Photo in situ, PDF de l’affichette archivé | Information consommateurs conforme à la fiche |
| Heure de notification à la DDPP | Copie du courriel, AR, note d’appel | Obligation prévue par l’article 19 du règlement 178/2002 |
| Heure des appels clients | Journal d’appels, courriels envoyés | Permet le suivi des retours et remboursements |
La forme du compte rendu
Un compte rendu tient en une page : objet du rappel, produits concernés avec numéros de lot et DLC, quantités reçues, vendues et restantes, chronologie horodatée, pièces jointes. Classez les justificatifs par type : affichette de rappel, photos du stock isolé, BL et relevés de réception mettant en évidence le numéro de lot, impressions d’écran éventuelles, liste des clients contactés. Numérotez les pages, datez, signez. Lors d’un contrôle, ce dossier est lu comme un cahier de laboratoire : si une action n’est pas datée, elle est considérée comme non faite.
En synthèse
Dans une boutique de bouche, rapprocher une fiche RappelConso d’un bon de livraison se joue en trois gestes : lire les bons champs, recouper par période et par lot, et consigner chaque action. L’affichette, la notification à la DDPP et le rappel des clients s’enchaînent ensuite, preuves datées à l’appui. Vous pouvez automatiser la veille, fiabiliser le relevé des lots à la réception et éditer votre dossier en quelques clics grâce à la gestion des retraits rappels dans Retralot. Méthode valable à une ou cinq vitrines, avec une forte proportion de lait cru et de produits prêts à consommer.
Voir la procedure sur vos propres lots
Declarez vos fournisseurs, vos marques et vos familles de produits, la veille du flux ouvert RappelConso demarre le jour meme. Nous rejouons devant vous un rappel reel, de l alerte recue au comptoir au dossier de retrait remis a l inspecteur.
Auteur de cet article
Jimenez Julien
Jimenez Julien passe ses matinees en cremerie, en charcuterie traiteur et en atelier de decoupe, a chronometrer ce qui se passe entre la publication d un rappel et le retrait effectif du lot de la vitrine. Il concoit et edite Retralot, le poste de veille RappelConso et le registre de lots des commerces de bouche.
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